10 août 2007
nouvelles photos
Je viens d'installer quelques photos de mon voyage en Italie, entre autres celle-ci, dont j'ai rêvé, dans la bouche de l'une des sculptures du parc sacré de Bomazo...
08 juin 2007
Bomarzo III
Donc nous étions sur l'esplanade des monstres, où se croisent figures historiques, philosophiques et de légende. Au fond de l'allée, s'ouvre la gueule d'une gorgone en colère. Au-dessus de son visage fripé par la colère, se lit le refrain de Bomarzo "Ogni pensare vola" (toutes les pensées s'envolent). Ainsi, la Peur s'envole dès qu'on l'approche et que l'on se force à pénètrer la tête du monstre. C'est pourquoi je désirais une photographie de moi, avec ma canne et ma plus belle robe, entre les lèvres du monstre. Il faut d'abord gravir une impressionante volée de marches, qui mène à la bouche courroucée du monstre. Mon mètre quatre-vingt occupe l'espace buccal, qui figure l'entrée. Au centre de la pièce, se trouvent une petite table et un trône de pierre et j'imagine aussitôt un dîner aux chandelles. Mais mon mari me crie d'en bas: "Depêche-toi, on arrive". Il y a là une guide, un peu surprise de nous surprendre, mais quand elle me voit en haut de ces marches avec ma canne, alors elle se contente de sourire et de passer son chemin. Tout près de la sortie, enfin, nous saluons le génie des eaux, qui grimace sur un plan d'eau moussu et ombragé. Partir nous coûte mais l'arrivée d'un bus scolaire nous décide. Dix kilomètres plus loin, d'autres merveilles nous surprendront. Mais je dois avouer qu'en dépit de tous mes voyages, jusqu'en Inde et en Polynésie, je n'avais jamais contemplé un univers aussi surprenant et beau que celui du parc Orsini, à Bomarzo, dans le Lazio italien. La vie nous joue parfois de ces tours...
Chère Duszka, je souhaite avoir été ton lapin blanc. Je t'embrasse très fort.
07 juin 2007
Bomarzo II pour Duszka
Comme tes mots me sont doux, Duszka, et si je ne devais plus écrire que pour une seule personne, ce serait toi, car il n'y a rien de plus beau que d'écrire pour qui sait lire. Lire, c'est ré-écrire l'histoire. Sans lecteurs, il n'y a plus d'écrivains. L'auteur, les mots et le lecteur: c'est ce trio indissoluble qui est la littérature.
Nous voici donc au coeur du parc de Bomarzo, cette oeuvre unique au monde et saisissante, née d'un poème romain au coeur du 16ème siècle. Les propriétaires des lieux sont si engagés dans sa défense qu'on ne trouve pratiquement pas d'information touristique, même sur Internet. Des têtes en pierre volcanique, sculptées de poèmes de Virgile, scandent une ode à la beauté, un hymne à la sagesse, avertissant le visiteur: "toutes les pensées s'envolent". Les lieux sont conservés tels quels avec une extrême délicatesse, incluant les mousses qui cisèlent des ombres humides sur les visages marmoréens des statues de quatre mètres, telle la Force terrassant la Peur, une gorgone à la chevelure de serpent, ou, plus loin, au bord du torrent (auprès duquel nous avions dormi), ces créatures qui ont du inspirer Lewis Caroll, telle la Tortue de la connaissance ou les Sirènes Jumelles. Le parc est désert, et nous profitons d'une totale communion avec ce merveilleux délire de pierre, à l'ombre des grands seigneurs de la forêt. Les illusions se succèdent, on croit avoir consommé quelques champignons de trop, mais non, ce petit château est bel et bien de guingois mais ses chambres sont d'aplomb. Enfin, on arrive sur l'esplanade des feux d'artifice, où se déploient les "monstres" qui ont du effrayer bien des petits esprits et séduire ceux qui se laissent éblouir par cette magie de scupltures géantes, si bien lovée dans sa vallée tellurique et végétale. Le bassin de Neptune abrite toutes les créatures de la mer, plus loin Hannibal monté sur son éléphant terrasse les Romains (une vengeance historique, puisque l'endroit était auparavant le Bois Sacré des Etrusques, éternels victimes de Rome)...
Il en reste encore, chère Duszka. Ce sera pour demain... Des bises
06 juin 2007
En honneur à Duszka: Bomarzo I
Pour que tu puisses en rêver, chère Duszka, voici le court récit du Bois Sacré, première partie
Au sortir de Viterbo, la capitale du Lazio, à l'est on pénètre dans le fief Orsini, une terre volcanique de routes vertigineuses et de châteaux pointant sur chaque vallée, de forêts séculaires et de torrents vifs creusant la terre, où les mousses et lichens s'accrochent aux rochers et aux arbres. Par où l'on regarde, tout est beau et surprenant. Tout de suite, on est envoûté par ces lieux de légendes. L'image du château Orsini, dominant le village de Bomarzo, une poignée de petites maisons de pierre installées en équilibre sur une arête rocheuse, s'inscruste immédiatement dans la mémoire, où elle vient chatouiller de vieux remugles de leçons d'histoire sanglante, la famille Orsini ayant donné deux papes à l'humanité. Fort heureusement, les Orsini n'ont pas tous été si portés sur le pouvoir. L'un d'entre eux, au milieu du 16ème siècle, a décidé d'aménager l'une de ses propriétés, nommée le Bois Sacré pour avoir été le site de rites millénaires en "un chant à l'amour et à la beauté", se basant sur les vers de Virgile. Ses contemporains, tout aussi ignares qu'aujourd'hui, nommèrent aussitôt le lieu "le parc des monstres" et c'est le nom qu'il porte encore aujourd'hui. Nous sommes arrivés au coucher du soleil, avec tous les chatoyements et contre-jours imaginables. Dans le lointain, se dessinait l'invraisemblable silhouette de Baggnio Reggio surnommée "la ville qui se noye" à cause de l'érosion qui réduit petit à petit son espace vital, la transformant en une espèce de champignon tellurique. Nous avons dormi sur une route de terre, à l'ombre d'un arbre dominant un torrent. Dans le crépuscule, nous avons distingué d'incroyables plants de vigne, montés en cercle sur les gros rochers volcaniques parsemant la région. Au petit matin suivant, j'étais en train de rédiger mon journal, tout en me délectant des vues spectaculaires (le château Orsini) de notre petit coin, quand un grognement furieux m'a alarmée et j'ai du monter sur le capot, pour laisser passer une mère sanglier furieuse de notre engin dans son passage favori. Puis nous sommes partis pour le parc des Monstres. Il faut payer une somme modique et de nombreux panneaux rappellent au visiteur que les photos sont interdites, toutes les photos, et en particulier celles de publicité, ce qui donne envie d'embrasser l'actuel propriétaire (d'autant que les photos amateur sont tolérées). Mais ce n'est que l'une des manifestations de la volonté marquée de ces Italiens de sauvegarder ce véritable paradis. Il ne reste qu'à se perdre dans ce parc immense, où les arbres de 20, 30m gardent le secret de ces pierres, à l'ombre de leur feuillage. Enfin, on parvient aux murailles et on pénètre dans le rêve -immense- de ce seigneur Orsini. Demain, je vous expliquerai ce qui s'y passe.
03 juin 2007
Bouchées toscanes et laziennes
Notre merveilleux voyage avait très mal commencé. Dès le premier jour, la moitié de nos économies disparaissait. Vol? Perte? Impossible de savoir. Les carabinieri étaient désolés pour nous. Après avoir avalé ce lézard, grâce aux eaux bienfaitrices de Saturnia, nous avons mis le cap sur Ancona. Nous n'avions pas fait cent kilomètres que la fumée sortait du capot de notre Mercedes, à la hauteur du lac de Bolsena. A San giorgio novo, l'employé de la pompe à essence, très aimable, regarda sous le capot et fit la grimace, avant d'y jeter un seau d'eau. L'assurance nous envoya la grue. Il fallait dormir à AcquaPendente avant d'aller à Viterbo, où se trouvait le garage Mercedes. La gentillesse de nos sauveurs mécaniciens nous soulagea des contretemps et le conducteur de la grue, qui aimait sa région, nous raconta mille anecdotes sur les lacs de Bolsena et Mezzano, qu'ils étaient sans fond, qu'une très ancienne cité y gisait, qu'une reine y fut assassinée. Toutes ces anecdotes nous faisaient rêver, attachés en siamois avec une seule ceinture de sécurité sur le banc double de la grue. A Viterbo, une facture Mercedes espagnole nous aida dans les tractations avec l'assurance -nous venions de réaliser des travaux dans un garage d'Ibiza-. Les excellents ouvriers de Viterbo ne tardèrent guère à détecter les sources des problèmes: le garage espagnol (Torrès d'Ibiza) n'avait pas fait son travail correctement. Mieux: ils avaient remplacé les freins avant alors que c'étaient les arrières qui étaient totalement usés. Toutes ces surprises accompagnées d'intenses palabres avec l'assurance (qui nous avait forcés à aller dans ce garage espagnol), afin qu'ils nous payent l'hotel à Viterbo. Axa se refusa à honorer son contrat et nia catégoriquement notre droit à exiger une voiture de location. Mais nous la louames. C'est ainsi que nous avons découvert Viterbo, impressionante cité historique, ceinte de remparts. Puis, grâce à une photo touristique, nous découvrîmes les surréalistes bains thermaux du Bullicamp, au milieu de restes romains et étrusques. Les eaux ont été citées par Dante, mais aujourd'hui, elles se trouvent en plein milieu de la zone industrielle, mais aussi collées au champ de manoeuvres de l'armée de l'air italienne. Ce fut ainsi que nous nous sommes vautrés dans cette eau très chaude et très dense, recouverts d'une couche de kaolin, alors que les parachutistes s'égrennaient dans le ciel. Un Italien nous explica que la bouche du volcan était très proche des sources et que pour cette raison, on pouvait considérer les eaux de Viterbo comme plus actives que celles de Saturnia. Ainsi initiés à l'éternelle rivalité Toscane-Lazio, nous sommes revenus au garage, où on nous annonça trois jours d'attente. Nous devions alors attendre deux jours de plus pour attraper le bateau pour Zadar (Croatie). Le voyage en Hongrie était fort compromis, à peine pouvions-nous rester quelques jours à Budapest. C'est ainsi que nous avons pris la décision de rester en Italie. Demain, je vous raconterai Bomarzo ou le val des monstres-merveilles.
02 juin 2007
Double jeu
Est-ce le fait d'avoir traîné dans les bois toscans, à l'ombre de grands seigneurs de trente mètres de haut, de s'être empli les sens de vapeurs sulfureuses et de mosaïques étrusques? Je ne reconnais plus ce monde et les innombrables symptômes d'une société en chute libre, d'un monde suicidaire me sautent si cruellement au visage que je n'ose plus allumer la télévision, de peur d'y être confrontée à un vulgaire erzat de moi-même. La perfidie atteint des niveaux impensables et le sourire trafiqué du nourrisson de Suez est si rusé que son propre père s'en étonne. Panagérie du mensonge et du faux-semblant, nos adolescents se suicident, nos ruches s'effondrent, notre terre est souillée et notre air ne vaut pas mieux. Mieux vaut mentir si l'on veut ramasser quelques votes. Mieux vaut tricher de quelques millimètres sur la balistique, de toutes façons, nos doigts ont déjà serré la gâchette et la balle a déjà fusé du canon. Dans le détail, les américains luttent pour que l'on ne parle ni de maladies d'abeilles ni de vache folle: bientôt, ce pays se permettra de passer le test ESB à l'abattoir, cad il sera interdit de pratiquer des tests ESB sur le bétail. Pourquoi? Pour permettre aux grands producteurs bovins et autres de profiter de ce trésor que représentent les protéines animales, aliment "gratuit" paré des grandes valeurs du recyclage. Rien ne se perd, cynisme du capitalisme. Mais on peut aussi mentionner les affirmations de notre Bush préféré, selon lequel la Chine aurait BESOIN de cette viande US -non testée pour l'ESB-. J'appelle cela du suicide alimentaire, mais d'autres pourraient avancer du "terrorisme alimentaire". Chers robots et amis de la confrérie des derniers résistants, je vous laisse méditer ces informations plus ou moins poétiques, tout en vous promettant pour le prochain post (quand? je ne sais pas) de belles images toscanes... Plein de e-bises
01 juin 2007
Retour du Paradis
Boum! La terre est dure au retour du Paradis... On était si bien, dans les volcans toscans... Mais le retour s'inscrit en factures abusives, en publications annoncées puis dénoncées, et bref, plein d'autres horreurs. De surcroît, je n'ai pas même le temps de vous écrire mon voyage, nos aventures au Paradis... Ça viendra!
01 mai 2007
visions d'horreur
Andratx était l'un des plus beaux ports naturels de Mallorque. Hélas, le Partido Popular et ses hordes d'avides immobiliers ont réussi à la détruire totalement, construisant dans le moindre recoin (dix grues par falaise), vendant et arnaquant à tout va, c'est l'une des plus sordides affaires des petits copains du nain de céramique. Donc, en jetant un oeil sur les côtes espagnoles dévastées par deux investitures de suite du PP, on peut s'imaginer ce qu'il adviendra de la France. Enfin, j'en profite pour répondre à A.Faria, avec lequel je suis d'accord (bien que je ne soie pas aussi fluente en portugais qu'en espagnol, je comprends). Je suis d'accord pour un échange de link, et pour soutenir l'idée du retour d'un Irak démocratique (on oublie souvent que c'est là que s'est jouée la première démocratie du proche orient des temps modernes), mais ce monsieur a oublié de me donner l'adresse de sa page. Donc j'attends. Au prochain épisode, peut-être depuis le bateau qui nous emmènera à Rome ou alors d'un cybercafé de Saturnia (Italie).





