dzogchen
La méditation dzogchen m'a aidée à surmonter la terrible épreuve du moment de vérité, quand le médecin prononce "ponction lombaire". Je me souviens de ma voix, en cet instant. Elle m'a fait honte, ma voix brisée, parce qu'elle témoignait de ma peur, de mon impuissance, de mon ignorance. Néanmoins, grâce à la méditation dzogchen, j'ai pu me consacrer à la respiration, j'ai réussi à vider mon esprit des peurs abominables qui l'agitaient pour me concentrer sur mon rythme respiratoire. Car je me sentais partir en morceaux. Les maladies dégénératives ne sont pas spécialement douloureuses physiquement parlant mais psychiquement elles représentent la pire des atrocités. Et je devais affronter la possibilité de ce futur abominable, bien que je lui préfère mille fois la mort. Une fois calmée et pouvant regarder la ligne d'horizon sans trembler, j'ai effectué des recherches sur Internet, qui m'ont menée à ces bains thermaux qui me guérissent quand la cortisone ne m'a fait aucun effet positif. J'ai eu la sensation de renaître et même si je ne cours plus jamais dans ma vie, je trouve celle-ci incomparable. Je suis persuadée d'avoir eu la chance de vivre ma propre mort puis de renaître.