24 juillet 2008
Réunion de conjurés sur la plage Mitjorn à 9h du matin
9h du mat, il fait encore frais à Formentera. La plage est belle et déserte, comme au bon vieux temps. Donc, on se retrouve, entre petits vieux hippies estropiés par la vie, les jeunes loups, pour se raconter nos jolies légendes du temps de l'utopie, loin derrière nous. Ça fait plaisir, c'est doux de se retrouver entre nous, face à cette marée noire de touristes de plus en plus vulgaires chaque année. Mais tout de même. Statistiquement, nous les vieux sommes plus nombreux que ces crétins de jeunes. Alors, pourquoi nous laissons-nous casser les pieds par ces morveux. Un de ces 4, on va finir par monter une association Troisième Âge un peu rock'n'roll.
22 juillet 2008
Mon chat Peace and Love
Mon chat Bingo est un peu dépressif, sa mère Isis avec qui il vivait et entretanit une relation délicieusement incestueuse est morte il y a peu. Depuis, les souris et les lézards dansent devant lui et le pauvre animal réagit à peine. Auriez-vous un remède antidépresseur félin?
19 juillet 2008
Le bateau qui part en avance
A Formentera, île paradisiaque, nous avons aussi nos problèmes, dont je vous fais parfois part dans ces pages. L'un de ceux-ci est particulièrement douloureux. Nous sommes obligés d'effectuer certaines démarches adminstratives obligatoires sur l'île voisine, Ibiza,et par conséquent nous sommes les 8000 clients obligés d'une société sans scrupules nommée Balear..., anciennement entreprise d'État, très habituée au monopole. Donc nous devons nous arranger des subites hausses des tarifs, du changement de règles internes, du manque de respect des lois de la mobilité (pas d'accès pour les invalides),du changement inattendu de bateau pour le même prix, des diverses tentatives d'extorsion et du labyrinthique système de réclamations, des retards divers et variés et enfin de la présence de matériel inflammable dans les embarcations passagers. Et surtout, qu'on ne se plaigne pas, nous les clients obligatoires, puisque Balear... nous fait "la fleur" d'un tarif réduit (grâce aux généreuses subventions de la richissime région). Mais jusqu'à présent, ils ne nous avaient pas fait le coup du bateau qui part en avance! Eh bien c'est fait, avant-hier, le bateau est parti avec 10mn d'avance, sous les huées des passagers abandonnés sur le port (dont l'un d'entre eux était diabétique). Pas de remboursement en vue. C'est marqué sur le billet, l'entreprise n'est responsable de rien. Ils pourraient même dire "irresponsables"
08 juillet 2008
Fraîcheur
On ne sait pas trop pourquoi, mais il fait un peu moins chaud. L'île est tout juste supportable, maintenant, au détour des chemins (asphaltés) on croise des touristes type Club Méditerranée, et puis toujours cette sensation d'être poussés au bord de la falaise, cette sensation de "pousse-toi de là que je m'y mette" que nous éprouvons dès que l'été arrive. Les touristes nous suivent, puis s'installent à nos côtés en parlant si fort que finalement, on préfère leur laisser la place. Avec les touristes, viennent aussi les criquets, nous repassons nos plantes matin et soir pour tuer ces goinfres. Les petits oiseaux qui nous regardent faire sont enchantés que nous leurs mâchions le dîner et bercent nos assassinats de douces roucoulades. De mon côté, je suis en suspens, attendant des nouvelles de l'éditrice catalane, ainsi que de l'hôpital baléar. J'aimerais bien que les choses se décident.
24 juin 2008
ambiance
Le printemps tropical a laissé la place à un été saharien. Il fait chaud. La température ne descend pas à la nuit. Les plantes font la gueule et les chenilles vertes attaquent. Je sais que c'est la faute aux papillons blancs mais je suis trop alanguie pour les poursuivre. La seule bonne nouvelle, c'est un petit oiseau qui me fait des tas de roucoulades et pirouettes dès que je sors dans le jardin. On est allés à la plage au coucher du soleil, c'était désert comme en octobre mais il faisait un peu frais. On a vu notre copain Joe le cormoran, on a fumé un joint tranquille puis on a marché sur la plage. Heureusement que j'avais emporté ma caméra, j'ai pu jouer à la touriste, en prennant en photo une mouette devant les deux voitures de police qui vennaient tout juste d'arriver. On est repartis par les petits chemins (il y en a de moins en moins, puisqu'ils ont décidé d'asphalter). Il y a une drôle d'ambiance sur l'île...
22 juin 2008
Été
Les visiteurs de ce blog doivent se faire bronzer à la plage. Je dois reconnaître ma propre défaite face à la chaleur, d'un coup revenue, violente. J'écris beaucoup moins, me consacrant à une fiction franco-espagnole basée sur mes recherches historiques aux Baléares. J'ai d'abord écrit en français, puis je me suis mise à le traduire en espagnol, un symptôme de mon désespoir quant à mon existence dans le monde (le cirque) éditorial français. Mais de toutes façons, c'est passionant et je découvre de nouvelles possibilités de correction. Je sais que j'ai là un roman, qui s'étendra sur plusieurs tomes probablement, absolument invendable en France (quoi, les Baléares, où c'est?), alors j'essaye en Espagne. On verra. Pour le moment, c'est dur de travailler, surtout quand on est allergique comme moi à l'air con. Sinon, les méduses ont curieusement disparu, la mer est encore fraîche, certes, mais elle se réchauffe. Un mystère réjouissant, en tout état de cause. Mais il se passe quelque chose de pourri au royaume. De jeunes flics venus du continent arrêtent les vieux hippies couleur locale, brutalisent et menacent les vieux artisans, leur suggérant de laisser la place aux jeunes. Une chose est sûre, la mairie commandite. Donc on commence à flairer le vieux plan de derrière les fagots, l'horreur que je soupçonne depuis plusieurs mois. Le plan secret serait de transformer l'île en un disneyland de super-luxe et de donner les emplois "couleur locale" (artisanat, musique) aux enfants de l'île, qui seraient formés aux techniques adéquates. Formentera rentrerait dans l'ère du profit. Le cauchemar, quoi, et pour nous tous les vieux hippies qui font sale dans le paysage: la porte (au mieux). Merdalors. On s'est fait avoir, une fois de plus...
14 juin 2008
Le temps à Formentera -le printemps-
Nous sommes devenus une île tropicale. Après un hiver rigoureusement sec, les pluies se déversent chaque jour sur Formentera. La végétation tend à devenir luxuriante. Les fourmis ailées (leurs ailes sont le meilleur des engrais) laissent présager une année de récoltes exceptionnelles. Mais les touristes pleurnichent. C'est vrai que la mer est encore fraîche, mais grâce à cela, les méduses se font rares. En bref: le changement climatique, que des avantages...
06 avril 2008
La vie sur l'île
Les fourmis en file indienne dans mon jardin, ainsi que les photos satelitte le démontrent: il va pleuvoir, une pluie en vrai, pas les misérables trois gouttes de ces derniers mois. Le soleil et le vent ont déjà brûlé la plupart des plantes, donnant au paysage l'aspect roussi des étés caniculaires. Nous ne sommes qu'en avril. Heureusement, la mer est encore fraîche. Mais je suis inquiète quant à cet été. A nouveau, nous avons croisé une mouette morte sur la magnifique plage déserte. Ils ramassent les algues mais les travailleurs municipaux ne veulent pas toucher aux animaux et surtout aux oiseaux morts. On ne peut pas leur en vouloir, puisque les autorités baléares n'ont pas songé à les pouvoir d'un équipement pour cet effet (gants et masque). Ça n'a pas empêché les couleurs violentes de la mer de nous hypnotiser. Nous sommes restés fascinés par ce spectacle grandiose, nous promenant tous nus sur cette merveilleuse plage déserte (d'ici quelques semaines, hélas, nous ne pourrons plus en profiter, à cause de l'invasion de l'été).
29 mars 2008
Free Tibet à Formentera
Cet après-midi, sur la place du village, entre l'église et la mairie, attroupement "Free Tibet", avec toutes les tendances réunies. Notons que l'un des représentants de Izquierza Unida a refusé d'apparaître sur la photo (de peur des problèmes avec le Comité Central). Je n'y étais pas, parce que Don Camillo, c'est pas mon truc. Ensuite, dans un documentaire sur le Dalaï-Lama, toutes les images anciennes provenaient d'un film intitulé "Cia au Tibet". Sans explications. Curieux, spas?
23 mars 2008
Enfin!
Enfin la pluie et le froid! Quel pied! L'île a reverdi d'un coup, comme une respiration juste à temps. Mais dans le jardin, curieusement, certaines parties sont restées sèches. Le vent souffle, coupant, et déssèche tout. Les touristes font la gueule. Ohhh, c'est vrai que c'est dommage pour ces petits chéris...





