MIRALL MOGUT* (*miroir flou; catalan): le blog de Fred Romano

Fred Romano, écrivain et artiste, a du faire face à la sclérose multiple. Elle a trouvé une cure et repris goût à la vie et à l'écriture. En 2011, elle a publié son nouveau roman en français, Normal aux éditions Kirographaires www.edkiro.fr/normal.html

21 mars 2005

dzogchen

La méditation dzogchen m'a aidée à surmonter la terrible épreuve du moment de vérité, quand le médecin prononce "ponction lombaire". Je me souviens de ma voix, en cet instant. Elle m'a fait honte, ma voix brisée, parce qu'elle témoignait de ma peur, de mon impuissance, de mon ignorance. Néanmoins, grâce à la méditation dzogchen, j'ai pu me consacrer à la respiration, j'ai réussi à vider mon esprit des peurs abominables qui l'agitaient pour me concentrer sur mon rythme respiratoire. Car je me sentais partir en morceaux. Les maladies dégénératives ne sont pas spécialement douloureuses physiquement parlant mais psychiquement elles représentent la pire des atrocités. Et je devais affronter la possibilité de ce futur abominable, bien que je lui préfère mille fois la mort. Une fois calmée et pouvant regarder la ligne d'horizon sans trembler, j'ai effectué des recherches sur Internet, qui m'ont menée à ces bains thermaux qui me guérissent quand la cortisone ne m'a fait aucun effet positif. J'ai eu la sensation de renaître et même si je ne cours plus jamais dans ma vie, je trouve celle-ci incomparable. Je suis persuadée d'avoir eu la chance de vivre ma propre mort puis de renaître. 

Posté par FredRomano à 21:01 - sclérose multiple - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Comment ne pas réagir en lisant un texte aussi poignant. Vivre ma propre mort et renaître....
    Je lis ce blog depuis 2 ans je crois mais je reprends tt depuis le début pr mieux comprendre. Dire que j aime Coluche ne sert à rien mais je le dis qd mm. Je suis italienne et atteinte d une maladie incurable, dégénérative (un syndrome parmi des milliers d autres). Je connais la douleur, l impuissance, la résignation, l envie d en finir et en mm tps de dire non je continue malgré tout. Je connais la difficulté de se sentir utile (plus de travail), d être entourée (plus d amis, ils se barrent), d être aimée (il n a plus envie), bref je me sens solidaire. Je rêve à cette cure et si jamais elle pourrait être bienfaisante. Bref, j ai lu votre dernier article sur votre détresse devant la trahison de votre "ex-mari", courage, ne fuyez pas, dialoguez, il reste peut-être quelque chose à vivre encore avec lui. A bientôt.

    Posté par sibille, 30 mars 2010 à 19:05

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